Un camp de guérison des traumatismes pour les enfants des victimes des attaques terroristes

« Je voulais devenir grand et me venger des terroristes, j’ai renoncé à ces pensées » explique Jérémie Sawadogo, un enfant de 9 ans qui a pris part au camp [...]

« Je voulais devenir grand et me venger des terroristes, j’ai renoncé à ces pensées » explique Jérémie Sawadogo, un enfant de 9 ans qui a pris part au camp de guérison des traumatismes, organisé par l’Eglise des Assemblées de Dieu au profit des enfants des déplacés des régions du Nord et de l’Est.
Ces enfants ont participé et ont vécus les mêmes traumatismes que leurs parents et avaient besoin de guérir de leurs traumatismes. Une soixantaine d’enfants ont pris part à ce camp qui a eu lieu du 16 au 20 septembre 2019 à Ouagadougou avec l’accompagnement de l’Alliance Biblique du Burkina Faso. La plupart de ces enfants ont vu leur parents ou leurs proches assassinés sous leurs yeux et ont du tout abandonné pour fuir avec leur famille et préserver leurs vies. Ces enfants vivaient depuis lors dans la peur, dans l’angoisse et les cauchemars, et avaient perdu leur joie de vivre.
Après la formation des pasteurs en service dans les régions touchées par les attaques terroristes, sur la Guérison des traumatismes, l’Eglise des Assemblées de Dieu du Burkina a jugé nécessaire l’organisation d’un camp de guérison pour les enfants des victimes des attaques djihadistes.

Plusieurs leçons ont été enseignées importantes ont été enseignées aux enfants durant le camp: Je suis important pour Dieu; Pourquoi les malheurs arrivent ils? Ressentir une perte ou un deuil; Savoir dire non aux mauvais touchers; Apporter notre souffrance à la croix; Je peux pardonner, etc. Ces lecons ont permis aux enfants au cours du camp, d’apprendre que Dieu les aime malgré toute les souffrances qu’ils ont connues et que Dieu veut les soulager leur de peine. Ils ont également pu exprimer et confier à Dieu toute la douleur qu’ils gardaient dans leur cœur et qu’ils n’arrivaient pas à partager.

 

Témoignages de quelques enfants

Esther Maiga, une jeune fille de 14 ans  » j’ai laissé mes souffrances à la croix « 
« J’étais membre de l’église du Pasteur Pierre Ouédraogo, et j’ai assisté à l’assassinat des six personnes pendant l’attaque. L’image du pasteur maltraité, humilié et ensuite tué est restée gravé dans ma mémoire. Je faisais des cauchemars toutes les nuits, je me réveillais en sursaut et je pleurais le reste de la nuit. Je me demandais pourquoi Dieu ne nous avait pas protégé des Djihadistes, je pensais que Dieu nous avait abandonné. Quand je pensais à toutes ces choses, j’avais mal au cœur.
Pendant le camp, les moniteurs nous ont conseillé d’apporter toutes nos souffrances à la croix pour avoir la paix. C’est ce que j’ai fait, j’ai laissé toutes mes souffrances à la croix de Jésus et depuis, je n’ai plus mal, j’ai maintenant la paix du cœur et je ne fais plus de cauchemar comme avant.
L’histoire de Joseph m’a aussi appris que je dois pardonner à ceux qui nous ont fait du mal, je demande à Dieu de m’aider à leur pardonner ».

 

Sawadogo Jérémie, 9 ans « J’ai renoncer à se venger des djihadistes qui leur ont fait du mal »

« Avant de venir au camp, j’étais en colère contre les djihadistes qui nous ont fait du mal. Je voulais grandir comme Samy, dans l’histoire qui nous a été raconté et me joindre aux militaires pour pouvoir me venger et tuer les terroristes.
Mais j’ai appris que je dois pardonner et ne pas me venger, j’ai renoncé à toutes ces pensées et j’ai demandé à Dieu de me pardonner et de m’aider à pardonné ».

Ce camp de guérison des traumatismes a contribué à redonner aux enfants le sourire qu’ils ont perdu depuis les attaques terroristes. « Ils sont arrivé tristes et renfermés, mais nous voyons des enfants qui repartent avec le sourire aux lèvres et préparés pour face à tout autre problème qui pourraient survenir dans le vie », témoignage Nicolas Sawadogo, un des facilitateurs qui ont encadré les enfants.
Les enfants ont plaidé que la même formation soit donnée aux autres enfants qui ont aussi été traumatisés, mais qui n’ont pas pu bénéficier des enseignements qu’ils ont reçus.

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